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jeudi 10 mars 2016

TIZI - ALGER

La Terre Kabyle, partie 5 : L’âge kabyle
 

N’est considérée comme terre kabyle que la terre qui marche à l’heure kabyle et sous la loi kabyle. Les événements dramatiques de 2001 ont montré que désormais Alger, jadis réglée à l’heure kabyle, est bel et bien conquise par les khorotos et veut imposer à la Kabylie de vivre à l’heure d’Alger, une heure d’un autre âge, ce qui constitue un « clear & present danger » pour le pays kabyle. L’ignorer serait une grave erreur pour le futur de la Kabylie et il est grandement temps soit de reconquérir cet espace vital kabyle ou de le répudier et de s’en débarrasser une fois pour toutes en coupant les ponts avec cette ville qui pille et oppresse la Kabylie. Le Kabyle clean doit cesser d’alimenter la main qui l’oppresse et rompre le lien avec la médiocrité zdayriniste !

ALGER
Par leur démarche aussi ignoble que ridicule de donner une consonance arabe à tout ce qu’ils ont spolié – un massacre de mémoire – , les khorotos veulent d’abord se donner une légitimité que le peuple (kabyle en l’occurrence) et le Créateur leur refuseront toujours. Le cas du nom d’Alger est un exemple parmi d’autres, les khorotos jurent sur tous les toits que c’est El-Djazaïr, soit-disant « les îles » en arabe. Hallucinant ! D’abord, le pluriel de « île » (al-djazira en masri/arabe) c’est al-djuzur et non pas el-djazaïr ! Ensuite, réfléchissez un peu quand même !, pourquoi cette allusion aux « îles », voire même « archipel » ? pourquoi le prenez-vous au sens propre et non au sens figuré, ce qui serait plus conforme à la réalité du terrain (il y autant d’îles au large d’Alger que de volcans à Paris :) ) ???
Or, et on le sait très bien, ce nom d’Alger qui se décline L’Dzayer ou Dzayer en kabyle comme en parler algérois, et donc Al-Djazair en masri/arabe, n’est rien d’autre que l'Algérois d'antan, soit le nom Césarée de l’antiquité (Maurétanie Césarienne) pour la partie centrale Nordafe. Si l’on poussait le ridicule à ses limites (il ne tue malheureusement pas !), avec cette logique de khorotos « on arabise le nom/toponyme, et l’on devient les maîtres légitimes du lieu, de son histoire, etc. », eh bien le Russe peut aussi venir nous dire : « Alger est russe, car son nom a une consonance russe ». Explications :
Лучезарная
LTchZR : « Luchézarnaya » « La radieuse »
LDjZR : « Al-djazair » en masri/arabe
Et oui, Alger est appelée « La blanche » mais aussi « La radieuse » (el-Bahdja en arabe).
L’explication ? La voici :
« Jules César » (Césarée) pour le deux cas (masri/arabe, russe)
NB : Pour ceux qui ne le savent pas encore, je ne suis pas de deux qui croient à l’existence d’un personnage réelle du nom de Jules César, ça serait une invention des camarades religieux-historiens ; c'est juste un calendrier, une datation.
Alger El-Bahdja « La radieuse », ou plus exactement l’Allègre en arabe, se résume à un seul nom féminin kabyle : Thiziri « Le clair de lune ». Son masculin est DZR de ziri, dziri « algérois ». En réalité, on a suffisamment d’éléments pour étudier l’origine du nom d’Alger. Le nom phénicien de cette cité aurait été Ikosi en punique ou icosium en latin, nous dit-on, l’île aux mouettes : on retient la référence surtout au symbole, à l’oiseau en question. Puis on a Césarée, on en a parlé. Ensuite, dans pareils cas, il est toujours judicieux d’essayer de comparer à l’exemple d’une autre ville. Ainsi, l’allusion au pluriel (al-djazair) dans le nom arabe d’Alger se retrouve ailleurs : Athènes, toujours au pluriel en grec Athinaï, un nom qui fait référence à la déesse Athéna dont le symbole est un oiseau qui symbolise la sagesse : la chouette. 

Cette piste grecque est d’autant plus intéressante que la Casbah d’Alger est comparable à l’Acropole d’Athènes, et que la Césarée nous fait remonter à l’époque de Juba II, des Ptolémée (Grecs d’Egypte) et à Séléné (fille de Cléopatre, une Lagide ou Ptolémée) qui, selon la légende, repose dans le « tombeau de la chrétienne » à l’ouest d’Alger, càd dans le pays frère du Chenoua. Ce nom Séléné signifie Lune en grec, on aurait peut-être pas tort de faire le rapprochement avec le kabyle Thiziri « clair de lune » ou plus probablement, dans ce cas précis, « princesse clair de lune ». A vrai dire, c’est la piste greco-égyptienne qu’il faut suivre, l’Egypte ancienne restant à mon sens LA référence (c’est ainsi qu’on a pu comprendre que notre capitale kabyle Bougie – Vgayeth est une « Alexandrie »). Il y a l’époque des Ziri fondateurs d’Alger moderne, des fatimides en lien avec l’Egypte : ils ont fondé le Caire ; il y a celle des Prolémée (les époques fatimide et protlémaique peuvent s’avérer être une seule et même histoire, pas moins que ça !) et enfin il y a l’époque de Néfertiti, la « vraie Shérazade » comme on l’a dit dans le billet précédent, voire même le premier prototype de Cléopatre aussi.
On le voit, Alger est une longue histoire des peuples de la Méditerranée – ajoutez à cela l’épopée française récente –, et il est ignoble et malsain de faire main basse sur cette mémoire en déclarant Alger « arabe », exclusivement en plus !, et en condamnant l'histoire et la mémoire de ce pays à la négligence, comme le font les khorotos.
TIZI
La Reconquista passe d’abord par la reconquête des consciences avant celle des terres. Et la bataille d’Alger commence en Kabylie, et l’histoire est là pour nous donner raison. Le patrimoine immatériel du pays kabyle, c’est aussi sa mémoire, y compris sa toponymie qui demeure le plus souvent interprétée à la légère alors que c’est une prouesse intellectuelle hors du commun. Prenons le nom Thizi ou Tizi comme on le transcrit, un préfixe toponymique très répandu en Nordaf. Ce terme, je présume, aurait le même âge que les termes « Thiziri » et le nom Dzayer « Alger ». Maintenant un petit exercice :
ЧАСЫ : c’est du russe, du cyrillique.
Chasy ou Tchassy « la montre » (c’est un pluriel « les heures » de tchass « heure »)
Quel terme kabyle y vois-t-on ? Pour moi, c’est simple, je sais, mais rien de sorcier pour vous non plus ! Voici la réponse :
Tizi
Oui, c’est thizi « le col » au sens premier (relief), le « carrefour, croisée des chemins » au figuré. Ce rapprochement, très naturel pour moi au vu de la cohabitation de ces deux langues en mon for intérieur, est avant tout intéressante par le fait que le terme russe tchassy « montre » (et « heures ») le terme kabyle Thizi expriment la même idée, l’idée du Temps : heures, jours, ans, et l’Âge aussi. Des Tizi il y en une multitude en Kabylie, à commencer par Tizi-Ouzou, malheureusement traduit de manière folklorique « Le col des genêts ». Ce nom Tizi est une notion de temps, d’espace (relief), il aurait d’autres significations pratiques, administratives par exemple. Voici une liste non exhaustive des interprétations de ce terme Thizi ou Tizi :
- Âge : thizya, thizyiwin = même âge. Ici on peut supposer que le féminin Thizi aurait comme masculin ishew « corne », ce terme en masri/arabe qarn donne « corne » et « siècle », idem en slaves rog « corne » (en russe) identique à rok « an » (en ukrainien), il n’est donc pas exclu que la même logique puisse s’appliquer au kabyle ;
- Choix et/ou Echéance : c’est le moment de vérité, l’heure du choix (le croisement du chemin) ou la deadline = l’heure ou la date butoir. Mais ça peut aussi être la « solution » ou le « moment de solution » d’un problème ;
- Crête : Tizi , c’est la crête sur un graphique d’une fonction, ou d’une sinusoïde par exemple, c’est la crête d’une onde, d’une vague (hauteur maximale pour le col) ;
- Tri et Echange : Du point de vue pratique, Tizi serait un relais, un lieu de triage et d’échange (poste, gare de triage pour les chemins de fer), un poste de douanes, une cour des comptes, etc. ;
- Pile ou Face : Tizi serait le côté « Pile », l’inverse de Agadir qui serait le côté « Face ». On peut supposer qu'un tirage au sort peut aussi se trouver à Tizi ;

- Tour : thizi et agadhir étant des hauteurs dominantes et des lieux d’observation par excellence, je présume que si Agadir est une Forteresse, Tizi serait une Tour, une tour de contrôle, une tour de château, une guérite où une Sentinelle (a-assas) monterait la garde. Si Agadir est le Trésor public, Tizi serait la Cour des comptes. Agadir est associé à l'aigle i-guidher, logiquement Tizi serait associé à un oiseau de haut vol, probablement à isghi "perncoptère, vautour". Cette opposition Agadir vs Tizi témoigne de l'administration de l'époque punique, elle n'existe que chez les Berbères nordafs. L'opposition des termes thizi vs agadhir est valable pour les noms de villes, Tizi (Tizi-Ouzou par exemple) contre Alger ou Césarée. C'est que tout simplement, Alger serait... Agadhir ou Agadir, un nom berbère et punique (phénicien gad "rempart, mur d'enceinte" dans Agadir, Cadix).
- Cardinaux : Sur une horloge, comme dans un château à quatre tours, Tizi serait chaque point cardinal : tour nord, tour sud d’un château, etc. Bref, Nord-Sud, Est-Ouest. Tizi serait simplement un multiple de trois (x3) : 3, 6, 9, 12, 15, 18, 21, 24 h sur une horloge. Tizi-n’Tleta (tlala = 3) est un exemple pertinent en la matière. Il y a aussi l’astronomie où Tizi prendrait un sens bien précis que l’on essayera d’identifier. Et ce n’est pas tout !
Voilà pour une première tentative improvisée, sans analyse ni recul de que le nom kabyle Tizi peut signifier. Des Tizi on en a à gogo : Tizi-Ouzou « Col des genêts » (zaâma, ah ! « soit-disant » !) ; Tizi-Hivel le village de feu Dda Lmuludh Feraoun ; Tizi-Ghenif ; Tizi-B’ouchène « Col du chacal/renard » (zaâma !), etc. A vous de jouer en essayant de comprendre le pays kabyle par ses noms de lieux.

Une distance de 100 bornes sépare Tizi-Ouzou et Alger ; le fossé intellectuel et spirituel, quant à lui, maintient Alger qui vit à l'âge "khoroto" à des années-lumière des Tizi qui tournent à l'heure kabyle, et ce sont elles qui un jour sonneront le glas de l'ère khoroto, soit le début de la vraie bataille d'Alger ! Thanemirth.